Souvenirs du vieux Thuir disparu... (Part.1/2)

Date de première parution: février (version 22 du site).

Sommaire

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1 - Préambule

1.1 Thuir, fuir, cuir....

Dimanche soir. Je devrais vous parler de Thuir. Je devrais, oui, je devrais.... mais si vous saviez comme ça me porte peine ! Rien que de penser à tout ce qui m’attend demain au boulot, ah si je pouvais fuir tous ces emmerdements ! Me revoilà avec ce bon vieux vinyle de Tom Waits qui me sort « looking for the heart of saturday night » et je me demande bien ce qui pourrait me remonter le moral....

Un tour au Super-U, comme j’expliquais à la version 20 (voir les archives) ? Mais il est fermé à cette heure... Peut être un petit tour sur les sites pornos ? J’y ai déjà passé 2 heures cet après midi pour trouver la fille en cuir qui ira bien pour mon prochain clip... Bon c’est rien, ça va passer...

Thuir, fuir, cuir... Il a des jours où tout tourne en rond. Thuir ! Tant de belles choses aujourd’hui évanouies dans les limbes d’un passé disparu à jamais.... Et qui cela intéresse ? A l’heure où chacun court tout seul et aveuglément dans le brouillard le plus épais et pour aller où, je vous le demande ? Thuir et ses fantômes... La vieille usine et ses cuves rouillées si poétiques aux couleurs matinales.... Ses tendres épaves bien blotties au fond de la jolie ravine... Son Estafette si douce et attachante... Et la 404 break qui m’était apparue toute évanescente de splendeur derrière un laurier rose.... Mais le temps passe et emporte dans sa course folle toutes ces choses si chères à mon cœur, ne laissant derrière lui que les regrets doux-amers pour les dimanches soirs...

1.2 L’œil clinique avant tout

Et de nouveaux lotissements ! Une zone artisanale toute neuve ! Et là, une pelleteuse qui gravit la colline ! Le vieil hangar en cayroux est tombé, mais nous avons trois nouveaux ronds-points ! Et dans cette furie sauvage qui dévaste tout sur son passage, malgré tout, je découvre quand même parfois ici et là de quoi ravir mon coeur. Tiens ? Une nouvelle épave ! Oh elle n’est pas bien vieille, mais bien écrabouillée tout de même ! Et là ? Ces gros tas de déblais encore fumants ? Ne serait ce donc pas les gravats du nouveau lotissement ? Diable ! La station service a fait faillite ? Mais elle n’a pas 20 ans ! Dis donc, c’est pas mal, ces pompes éventrées, drôlement sympa, y’a pas à dire, c’est chouette...

Car s’il y a bien une qualité qui me distingue, c’est que malgré tout mon attachement aux choses du passé, j’ai tout de même l’œil clinique. Celui qui me permet de déceler dans tout ce fatras moderne et dévastateur, la subtile petite touche de poésie.

1.3 Un dernier mot et on attaque

Quoi ? Qu’est ce qu’il y a ? Il y a un truc qui vous chagrine, je le sens.... Ah, c’est cette histoire « d’œil clinique » ! Vous ne voyez pas bien de quoi je parle ? Bon, je vais vous dire. Mais vite fait alors, car on a d’autres chats à fouetter.

Il y a quelques années, dans une célèbre université de médecine américaine, le professeur annonça un peu avant l’examen de fin d’étude :

« Mesdames, messieurs, aujourd’hui, vous savez à peu près tout pour devenir d’excellents chirurgiens. Mais il est une compétence qu’aucun manuel ne vous enseignera jamais : il s’agit de l’oeil clinique ! Je vais donc voir parmi vous lesquels auront acquis cette compétence indispensable pour exercer le brillant métier auquel vous vous destinez » ...

Et sous le regard un peu inquiet des étudiants qui n’avaient jusqu’alors jamais entendu parler de l’oeil clinique, le professeur retire un drap qui recouvrait un cadavre allongé sur le ventre, sur le pupitre de l’amphithéâtre.

« Mesdames, messieurs, voilà un jeune homme de 30 ans qui a fait don de son corps à la science. Vous allez tous répéter exactement mes gestes et me faire part de vos déductions pour ce qui concerne les causes du décès» .

Et à ce moment, le professeur enfonce un doigt dans le cul du corps, le retire, et se met à le lécher devant les étudiants incrédules. Brouhaha dans la salle...

« Silence ! Mesdames, messieurs! Je sais désormais avec certitude de quoi est mort ce jeune homme. Pourriez vous me faire part de votre avis à ce sujet ? Allez-y, je vous rappelle que cet examen sera noté coefficient 5 ».

Alors que tous s’exécutaient un par un, chacun y alla de sa conclusion, l’un parlant de cirrhose, l’autre d’un cancer du colon, un autre du chikungunya.... Lorsque tous eurent rejoint leur chaise, le professeur recouvrit le cadavre, retourna derrière le pupitre sur lequel il posa ses mains bien à plat, et regarda ses chaussures en balançant sa tête en signe de dénégation. Silence total. Puis il se redressa brusquement et d’une voix forte afin que tous l’entendent :

« Mesdames, messieurs, je suis au regret de constater qu’après huit ans d’études acharnées, aucun de vous n’a acquis l’oeil clinique ! »

Stupeur dans la salle ! Et en levant son index au ciel :

« Si vous aviez eu l’œil clinique, vous auriez vu que c’est ce doigt que je lui ai mis dans le cul, mais que c’est le majeur que j’ai léché ! »

2 - Le vieux Thuir disparu

Photos du 07 mars 2002.

Ah ce bâtiment! A l'époque où j'avais constaté sa démolition imminente; je n’avais pas d’appareil photo ! Heureusement j’ai pu m’en faire prêté un in extremis, et prendre ces quelques photos aux aurores avant des premiers coups de pelleteuses fatals!

3 - D'autres épaves aujourd'hui évanouies: le ravin...

Photos du 12 octobre 2007.

Et ce ravin sur la route de Castelnou ? Des épaves tout le long ! Et certains qu’on ne pouvait pas voir depuis la route… Et quand je me suis enfin décidé à aller les photographier de près, la triste besogne de nettoyage avait déjà commencé, la 404 break et la Renault 4L rouge avaient déjà été enlevées !

3.1 Un morceau inidentifié, une Datsun, et une Traction sous les pierres

3.2 Trois bagnoles volées qui ont été bazardées là

Précision de Raphaël Drake: la voiture avec un A au cul est une Seat Ibiza.

3.3 - Une 4L et une 404 break que je n'aurais pas le temps d'approcher

Celles pour lesquelles je suis descendu trop tard au fond du ravin, et pour lesquelles je n'ai des photos que depuis la route.

3.4 - Une dernière et une 2CV écrabouillée un peu à l'écart

A voir la gueule de la 2CV, une constatation qui s’impose : ce ravin semble avoir vécu une longue activité épavogène ! Et effectivement, il y a de gros bouts de ferraille à ¾ enterrés et qui laisseraient supposer la présence d’autres épaves par ici… Mais parmi autres carcasses d’appareils ménager et sommiers, ils sont trop incertains pour que je vous les montre. Ici j’arrive à un gouffre hyper profond où l’on découvre des morceaux de carrosseries ici et là ; mais il m’est impossible de m’en approcher….

4 - Je me souviens d'une Estafette...

Photos du 20 novembre 2007.

Une autre épave magnifique hélas disparue elle aussi… Un peu plus haut, il y avait trois stèles qui surmontaient des tas des pierres, sûrement un petit cimetière sauvage ! Hélas, lorsque je suis retourné les photographier, eux aussi avaient disparu.

5 - Quelques casots...

Quelques casots. Si certains existent encore, ils ne vont plus tarder à disparaître, la zone subissant une forte pression immobilière.

Photos du 24 février 2008.

Photos du 12 avril 2008.

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