Sur le sentier des mines à Taurinya (part.1/3).

Date de première parution: mars 2010 (version 12 du site).

Mise à jour du 01 avril 2012: miettes de 4L et de 2CV.

Sommaire

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1 - Bref aperçu géographique, historique, et économique

Taurinya, c’est un joli petit village très, très ancien: il date de 850 environ. Un peu timide, il se niche situé au pied du Canigou, et milieu de plusieurs pics qu'il vaut mieux être bien chaussé si on veut les grimper (de 2300 pour le plus feignant à 2700m d'altitude pour le plus vaillant). Il compte aujourd’hui environ 300 âmes, et j’en ai rencontré au moins 2 de bien sympathiques, et pas avares de renseignements pour trouver "le sentier des mines".

Outre l'église d'origine romane du XIIe siècle où l’on pourra voir, entre autres, un chapiteau avec une tête de taureau crachant deux serpents, je conseille fortement aux marcheurs qui s’en sentent le courage, d’aller suivre «le sentier des mines», mines qui ont été exploitées jusqu'au milieu du XXe siècle.

Taurinya, c'est pas non plus l'Eldorado! Oh oui, il y a bien eu une mine d'or, mais cela ne semble pas avoir trop marqué l'histoire du village, on n'en parle à peine sur Internet. Et puis le fer, bien sûr, comme nombre de villages du Conflent et autour du Caniqou. Et puis un peu d'élevage et d'agriculture, voilà en gros résumée toute l'activité économique du patelin (ben j'ai pas trouvé un seul commerce! Heureusement Prades n'est pas bien loin).

Moi, je veux bien bagoter à flanc de montagne si au bout, on y voit des ruines, des carcasses, ou des vestiges lourds d’un passé industriel glorieux. Car la flore et la faune, c’est bien beau et bien gentil, mais je ne trouve pas ça assez motivant pour se ruiner les arpions. Heureusement, les bons conseils de Bricofoy et quelques recherches sur Internet m’ont procuré toutes les justifications pour cette promenade le long du « sentier des mines», le long duquel je vous amènerai aujourd’hui.

Alors à Taurinya, je m’y suis pointé de bonne heure (le 13/12/2009), et évidemment, je me suis perdu dans la forêt où j’ai pas mal rodé en guettant la mousse sur les arbres (la mousse indique le côté Nord), et les traces de gibier (j’ai développé des instincts de trappeur depuis tout jeune, quand je lisais Rahan, fils de Craô).

Je vais donc vous présenter les photos à l’ombre, prises pendant la montée, et celles que j’ai pris en descendant, après avoir pas mal erré dans la forêt, et tandis le soleil était apparu au dessus du ras des Cortalets.

2 - Mortelle montée

Tout est dans le titre. Une succession de petits raidillons bien pentus qui vous mettent la tannée. Avec les photos prises à l'ombre (le soleil est encore caché par la montagne). Et où on découvrira la grosse muraille au pied du sentier, la locomotive, le premier four, et encore un peu plus haut, le four principal et les baraquements.

Le tout accessible derrière ce joli bouton:

Chapitre 2

3 - Périlleuse descente

Tout est dans le titre, encore une fois. Car en descente, c'est moins fatiguant pour le palpitant, mais les arpions morflent davantage. Ici, on reverra exactement la même chose, y compris le petit wagonnet, mais cette fois avec un gentil de rayon de soleil par-ci, par-là.

Le tout accessible derrière ce joli bouton:

Chapitre 3

4 - Sur le chemin du retour

Le Destin, c’est plus fort que vous. Comme pour Sisyphe, dont le destin a été scellé par les Dieux. Car le bonheur revient à vivre sa vie tout en étant conscient de son absurdité, et car la conscience nous permet de maîtriser davantage notre existence. A cela nul échappatoire, car même le suicide revient à suivre une prédestinée dont nul n’est maître.

Est ce une raison pour se jeter à corps perdu dans une croyance mystique quelconque ? Et pour oublier tous les autres qui n’ont trouvé de salut, et qui ont perdu la lumière et se retrouvant seuls face à leurs pensées ? A moins que pour éviter d’affronter cette absurdité, il ne faille aller jusqu'à l'aimer et la parfaire, en recherchant toujours et encore la même passion qui nous anime, éternellement et sans répit ?

Quoiqu’il en soit, en redescendant de ces mines, je suis passé devant ces ânes, et soudain, je me suis rendu compte qu’étant moi même catalan, il s'agissait peut-être d'un signe du Destin qui m’avait été jeté au vol, et que je me devais de happer! Alors après une petite marche arrière pour me garer convenablement, je les ai filmés. Car (je le signale pour mes lecteurs lointains qui ne seraient pas au parfum), l’âne est un des symboles très fort des Catalans. Et parce que nul n’échappe à son Destin.

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Onze heures au clocher: chouette! J'arriverai à temps pour l'apéro.

Vous aurez noté au passage l'incroyable aptitude de l'âne catalan à mouvoir ses oreilles indépendamment l'une de l'autre, à 180 degrés sur le plan horizontal et 90 sur le vertical. Sinon, si vous ne savez pas reconnaître un âne catalan parmi d'autres, mettez un disque d'une cobla quelconque (qui jouerait de préférence "La Santa Espina"), c'est le seul qui se mettra à danser la sardane.

Pour ceux qui n'ont aucune idée de ce dont je parle, je vous mets ici "La Santa Espina", interprétée par la Colla de Mafumet.

5 - Petit annexe culturel

Pour compléter encore agréablement cette petite balade, aujourd’hui je ne rechigne devant rien ! Et je me suis même fendu d’une petite escapade dans le village et les champs alentours pour quelques petites photos sympathiques. Etant donné bien entendu, que nous ne sommes pas à New York, mais à Taurinya.

Alors dans ce chapitre, je vous ai sélectionné une ruine et une construction qui doit appartenir à la compagnie des eaux locale, ainsi qu’une épave dans le village, et un tracteur Ferguson préhistorique que j’ai découvert au fin fond du fin fond du fond d’un champ complètement paumé, avec sa remorque qui va bien.

La construction pas très entretenue et la ruine, à l'Est du Village:

Une Renault des années 70 en plein "centre ville", qu'on découvre en errant dans les petites ruelles, bien planquée derrière une maison en ruine:

Confirmation Raphaël Drake: ici une Renault 6 phase 1.

Et pour finir, un majestueux Ferguson qui a déteint au soleil, avec sa remorque qui va bien:

J'aurais bien aimé trouver quelque chose de plus consistant, mais il se trouve qu'après une petite enquête, les épaves qui se trouvaient entre l'abbaye de Sant Miquel de Cuixà (Saint Michel de Cuxa) ont été enlevées l'année dernière. C'est sans aucun doute l'oeuvre de la sinistre coalition des écologistes et des "sites classés"! Ces enfoirés ne nous laisseront donc jamais tranquille!

Le 09 mars 2012, l'occasion d'une petite expédition de vérification tout de même, car il vaut toujours mieux s'assurer par soi même... Et surprise! Des miettes de 4L et de 2CV bien cachées au bord de la rivière!

Allez va! Comme je ne suis pas chien, je vous mets quand même cette Aronde que j'ai trouvé sur la route, juste un peu avant l'abbaye. Et oui, je sais ce que vous êtes en train de vous dire:

"Pour une fois, je perds pas mon temps sur Internet! Merde merde merde! Qu'est ce qu'il est bien foutu, ce site!"

Et vous avez complètement raison, je vous le dis; il est vraiment bien foutu, ce site!

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