Les épaves de la Côte Vermeille

Dernière mise à jour:

01/07/2010: Nouveautés dans le chapitre 13.

01/08/2010: Nouveau chapitre 7 (Collioure).

Sommaire

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1 - Préambule

S’il y a bien quelque chose que j’évite en règle générale, c’est affronter la compétition quand rien ne m’y oblige. Dans toute compétition, en cas d’échec, il est de bon ton d’avoir cet esprit sportif exemplaire, et accepter sa défaite en toute humilité, de préférence. Il paraît que c’est tout à l’honneur du perdant.

Personnellement, en cas d’échec, je préfère penser que je suis quand même le meilleur, que l’arbitre est un enculé, et que l’adversaire a bénéficié de circonstances outrageusement avantageuses. Ce qui m’évite de me remettre en question, et d’avancer par la même occasion. Et c’est tant mieux, car je n’ai pas besoin d’avancer, je suis très bien comme je suis.

En plus, les petites défaites, à la longue, c’est très mauvais pour les convictions personnelles, ces convictions sans lesquelles l’Homme ne peut se construire et affronter son destin en allant de l’avant. Certes, comme disait Arthur C.Clarke, « l’avenir n’est plus ce qu’il était ». Mais ce n’est pas une raison pour avancer à reculons. Et il vaut mieux avoir raison d’avoir tort que d’avoir tort d’avoir raison, ne l’oublions pas.

Aussi j’avais un projet très intéressant et très passionnant. Un projet à forte valeur culturelle, historique, et archéologique: présenter les épaves de la Côte Vermeille. La Côte Vermeille, c’est à dire de Cerbère à Collioure, quand les plages des Pyrénées Orientales deviennent galets et falaises. Mais attention ! Je ne parle pas des épaves au fond du bouillon dont une bonne tripotée de sites internet font étalage en long en large et en travers. Non, ces épaves là, je les laisse aux barboteurs avec leurs palmes et leurs tubas. Moi je parle des carcasses de bagnoles.

Vaste projet ! Travail Titanesque ! Aussi, plutôt que de me lancer seul à l’assaut de ce projet, j’avais souhaité demander assistance à quelques chasseurs d’épave que j’ai pu contacter grâce à un célèbre forum parlant d’automobile. Hélas, un seul s’est manifesté, et à défaut de m’envoyer des photos des trophées manquants sur cette page, il m’a toutefois indiqué assez précisément la localisation de la plupart des épaves ici présentées (dont plusieurs que je ne connaissais pas).

A ce titre, je remercie le spécialiste émérite qu’est M. ROULAX, webmaster d’un site dont le lien est ici :

Le Roulax Blog

Rectificatif: je signale aujourd'hui que plusieurs personnes se sont manifestées, dont Roulax, et Katseinko, et j'ai reçu des photos de plusieurs épaves qui m'avaient échappé, ou qui ont été enlevées et font désormais partie de l'Histoire. De plus je signale maintenant toutes les voitures identifiées par mes visiteurs depuis qu'elles sont sur le site (chose que je suis incapable de faire moi même). Merci, Roulax, et merci également, Raphaël Drake!.

2 - Cerbère

Sur les indications de Roulax, me voilà à Cerbère sur le sentier mystère de lui seul connu, et que j'ai réussi à découvrir, après avoir déchiffré son message codé. Et en descendant, effectivement, elle crève les yeux tellement elle est chouette! Une R20, qui a fait une chute d'environ 100 mètres! Sûrement un accident, quand on voit d'où elle est tombée de la route (un arnaqueur à l'assurance aurait choisi un autre tournant, et sur une autre route, cette remarque judicieuse, elle est de Roulax).

Date des photos: 19 septembre 2009.

En descendant un peu plus bas, qu'est ce que je vois? (Je fais le surpris, mais je le savais, Roulax m'avait mis au parfum).

Je vous cache pas que pour arriver jusque là, j'ai vraiment morflé! Des griffures plein les bras, et les poumons en feu. Et avec ça, impossible de contourner l'épave... A mon avis, une Renault 4L (les 2 barres rondes sous le réservoir).

Après deux expéditions infructueuses, je la trouve enfin, la Juva 4! Au fond du sentier marin... Il m'aura fallu bien éplucher chaque détail de la photo que j'ai trouvé sur internet pour y parvenir. Faut dire qu'en comparaison à ce que j'avais vu où elle était bien dégagée, aujourd'hui, on n'en voit plus qu'un tout petit bout!

3 - De Cerbère à Banyuls par le bord de mer

Derrière la petite boutique à touristes dans le grand tournant, il y a une falaise impressionnante! Deux suicides rien que pour l'année dernière (d'après le tenant de la boutique). Et un nid...
Moi qui ne supporte pas m'approcher du vide, voilà les photos que j'ai pu prendre de l'endroit (19/09/2009).

Ce nid semblait vraiment trop prometteur pour que je ne tente pas une petite expédition. Chose faite le 08/11/2009 dans une mission de reconnaissance, avec une bonne trentaine de photos de la douzaine d'épave amoncelées au fond du ravin.

Récidive le 14/11/2009, dans une investigation plus poussée dans le but d'identifier les bagnoles, avec plus de 60 photos. Et de nouvelles bagnoles que je n'avais pas vu la première fois. Accessibles par un joli bouton juste là. Quoi? Vous voyez pas le bouton? Ben faut vous inscrire, sinon vous le verrez pas, évidemment! (Et alors? Faut bien les gâter un peu, mes membres!)

Ici, un bouton d'accès à plus de 90 photos pour les membres.

Mais pas bien loin, il y a une DS, plus planquée tu meurs! J'ai du passer 10 fois devant sans la voir, la coquine! Photos du 17/04/2010.

4 - De Cerbère à Banyuls par la corniche des pompiers

Difficile de le louper, cet "Express" là! Tant de la route des crêtes que de celle du bord de mer, cette tâche blanche se voit à des kilomètres.

A l'inverse de l'Express ci dessus, une AX qui gît de l'autre côté du même tournant, 20 ou 30 mètres en contrebas de la route. On peut passer devant 50 fois sans la voir, si on ne la connaît pas. Remerciement à Roulax qui me l'a indiquée. Effectivement, on la distingue sur Google Earth. Toit découpé: il s'agit ici d'un accident.

Les épaves qui pourrissent dans les champs sont beaucoup plus rares sur la côte vermeille que dans la plaine, à cause évidemment des collines escarpées difficilement praticables. Puis il n'y a que des vignes. Avec un sécateur dans la poche, ça suffit, on n'a pas besoin de tout un attirail (je dis ça mais j'en sais trop rien, c'est pour faire mon petit malin qui a un avis sur tout). Je vous épargne l'estafette sans intérêt que j'ai trouvé près de la "citerne 323", mais non loin de là, j'ai trouvé cet engin que je trouve personnellement assez intéressant.

5 - Banyuls

Ici donc, une Ford Fiesta, sous un virage serré à l'entrée de Banyuls. Roulax me l'avait signalée, mais j'ai reconnu moi même les phares arrières tous neufs. Pour une fois que je peux identifier une caisse, je vais pas me priver de me faire mousser... Ceci étant dit, nos opinions divergent toutefois quant à la raison de cette épave. Moi j'opterais pour un accident (toit découpé), Roulax pour une coulée de boue. Va falloir que j'envoie une équipe de mes meilleurs agents secrets sur l'affaire pour résoudre ce mystère...

6 - De Banyuls à Port Vendres, et l'arrière pays

Roulax m'a indiqué la présence d'un HY et d'un engin de chantier sur un terrain recouvert de gravats. Epaves bien visibles depuis Google-earth, d'ailleurs, mais hélas disparues. En poursuivant le chemin vers l'ancienne casse, j'ai retrouvé l'immuable 4L dont on ne voit que le toit, à côté de la citerne, et qui ne tarderont plus à être entièrement recouvertes par la végétation. Dire que là dessous il y a peut être 10 bagnoles qui ont été carrément enterrées!

Rien de vraiment folichon. Toutefois, en arrivant au tournant où les camions viennent vider leurs déblais en se foutant éperdument de l'écologie, une agréable surprise m'attendait à environ 30 mètres en dessous (19/09/2009):

Attention, dans le § 13, des précisions au sujet de ce que j'ai pris pour une 4L, et des voitures que je suppose enterrées là dessous.

Une Peugeot, peut être une 305, mais je ne me souviens pas, c'était pourtant marqué sur la malle! Merde faut vraiment que j'améliore ma culture automobolistique.

Confirmation: c'est bien une Peugeot 305.

Ici 5 photos du 18 mai 2010 pour les membres.

7 - Collioure

Photos du 27/07/2010, inespérées! D'ailleurs je ne mets pas de photo avec les alentours, pour ne pas trop donner d'indices, mais celle là, je ne crois pas qu'on la sorte de là avant longtemps...

Précision Raphaël Drake: BMW E36.

Ici 1 photo grand format pour les membres.

8 - Cosprons

Ah ! Je dois vous dire que j’ai fini par le rencontrer, M.Roulax ! Et que grâce à lui nous pouvons voir cette splendide R5 ! C’était le 20/05/2010. Quoi ? Vous ne la trouvez pas splendide ? C’est parce que vous n’avez pas la fibre du chasseur d’épave, sinon vous comprendriez qu’un des critères primordiaux pour qu’une épave nous tienne à cœur, c’est sa confidentialité… Et pour celle là, je vous le dis, avant de la trouver « in situ », vous pouvez vous accrocher ! (Merci Roulax !)

Ici une photo grand format pour les membres.

9 - Port Vendres

On ne peut pas parler de Port Vendres sans évoquer l'ancienne décharge, sur la route du Cap Bear. Bien qu'il ne reste vraiment plus grand chose des anciennes épaves qui ont été jetées par le "Garage Central". Mais c'est pas une raison! Deux épaves, on va pas laisser passer ça. Allez hop! C'est par là qu'on descend (13 mai 2007):

Un peu plus bas, des restes d'une Peugeot 404! (3ème photo en bas à droite).

Un petit format "portrait" qui cristallise bien toute l'émotion qu'on ressent en voyant cette lente agonie...

Précision: au dessus de la Peugeot 404, c'est une Simca Aronde qui agonise.

Sur un coin de vigne à flanc de colline, un utilitaire transformé en cabane à outils, comme dans la bonne tradition des années 70 (photos du 15 sept.2009)

10 - Petit détour par "Le Rimbau"

Je tiens ici à remercier Katseïnko qui m'a fourni des renseignements de premier ordre, et grâce auxquels nous prendrons le temps de faire un petit détour bien ravigotant à "Le Rimbau"! Car si les épaves qu'on y trouve ne gisent pas au fond d'un ravin, elles ne manquent pas de charme loin de là, et j'estime qu'elles méritent toutes d'être présentées ici.

Et on commence par un très rare fourgon Peugeot D4 (rare, c'est sûr! Je n'en ai qu'un seul dans mes archives, du côté de Toulouges).

Et une très sympathique Peugeot 204 break!

Et pas loin au dessus, une Estafette transformée en cabanne à outils, tout ce qu'il y a de plus sympathique! Des Estafettes, je commence à en avoir un joli stock en photos, mais rares sont celles qui émanent un tel parfum de poésie! (en tout cas pas celle de Cerbère dont j'ai parlé plus haut!)

Mmh! Joli mariage de couleurs! ça valait le coup de faire un petit détour!

11 - En grimpant vers la Madeloc

On commence la grimpette par le fameux tournant bien juteux où on dénombre pas moins de 3 épaves! L'emmerdant, c'est qu'elles sont toutes au fond du ravin, et pour avoir de bonnes photos, je vous laisse juger la balade... Alors on commence par des petites vues d'ensemble, histoire d'évaluer la chute qu'elles ont fait! (En agrandissant les vignettes, on voit le toit bleu de la Corsa, et celle de droite, on voit le capot retourné de la Mercédes W126 juste à côté).

Juste au dessus de la Corsa, à ma 1ère descente, j'ai réussi à prendre quelques photos de la Mercédes... Ben avec tous les arbres et les buissons piquants, pas moyen d'avoir du recul. La photo où on la voit à peu près en entier, je suis allé me coincer dans un arbre. (J'avais l'air fin! Heureusement, j'étais sapé spécial-clodo). Quant à la Corsa...bernique! De là où j'étais, pas moyen de l'approcher!

Bon. Quand je veux aller quelque part, je ne suis pas du genre à m'arrêter au milieu de chemin. Donc, rebelotte quelques jours plus tard. Et cette fois, après avoir bien étudié la géographie des lieux...Ah, j'ai ouvert le capot de la caisse, histoire de faire mon petit connaisseur en moulins de bagnoles (même si je n'y connais rien). Mais rassurez vous, je l'ai refermé après la photo!

Mon oeil de lynx détecte quelque chose de suspect derrière la Corsa. Pour y aller, il me faut contourner la bagnole en remontant un peu. Mais après quelques griffures bénignes....

Précision: il s'agit d'une Renault 20.

Vue la hauteur parcourue depuis la route, à mon avis, les 3 conducteurs qui ont réussi un tel tir groupé ont tout intérêt à former une équipe de triplette et à s'inscrire à la pétanque. Les boules de pétanque, c'est de la gnognote à côté des bagnoles, ils sont assurés de gagner!

Toujours en montant vers la tour de la Madeloc, au dessus de la route, on voit quelque chose. Tiens, bizarre! Je savais qu'il y avait une bagnole blanche, et là c'est tout rouillé! Mais c'est vrai que tout à brûlé récemment... Un meilleur point de vue si on continue à grimper, avec le zoom (1ère photo à gauche): c'est là qu'il faut monter... Ben comme ça a brûlé récemment, ça va, je suis pas gêné par les arbustes. Le tapis de ronce est pas bien haut, et pas bien méchant. Heureusement! C'est assez escarpé comme ça si en plus je devais me cogner les buissons piquants!

Jolie 4L!

Enfin, juste au dessous de la table d'orientation, sous les ruines. Austin Princes (selon Roulax, encore lui!) Ah ça fait du bien de ne pas avoir à trop crapahuter (pour une fois!). Sur la 3ème, on distingue Port Vendres.

12 - Le trou de Banyuls

Misérable que je suis ! Avoir omis de vous parler du « trou de Banyuls »! Ben j’avais mal interprété le message codé de Roulax. Et vue l’ampleur de la lacune, je me devais d’intervenir rapidement, et de bien fignoler le boulot.

Un boulot pas évident, car après les incendies, la végétation qui repousse est des plus dissuasives pour le promeneur bien douillet : des buissons d'épines à foison, bien fournis et bien piquants ! Mais moi, Ox-Korp, j'en ai vu d'autres, et je n'allais pas renoncer pour si peu !

Alors les épaves du « trou de Banyuls », c’est surtout des « bouts » et des « morceaux » de carcasses, bien rouillées et bien ravagées, du méconnaissable en veux-tu en voilà, à profusion ! Un trou bien juteux! Et j’en ai vu tellement que j’ai estimé devoir consacrer une page spéciale rien que pour celles là (un peu comme pour « le ravin merveilleux » entre Banyuls et Cerbère). Voilà entre autres ce que vous pourrez voir:

Ici le bouton d'accès aux photos, sachant que si les simples visiteurs pourront en voir environ 90, les membres, eux, pourront en voir encore plus.

Trou juteux

13 - Des images du passé

Dans ce tout nouveau chapitre, j'ai le très grand plaisir de vous présenter quelques épaves disparues de la Côte Vermeille, disparues ou photographiées avant qu'elles ne brûlent. Toutes les photos de ce chapitre sont de Roulax qui a eu l'amabilité de bien vouloir nous les faire partager, et je l'en remercie vivement!

Quelques unes des images de ce chapitre...

Ici le bouton d'accès aux photos du passé.

Le passé

14 - Conclusion

Les épaves dans les ravins, faut le dire, c'est magnifique.
Pour le photographe, elles ont beaucoup plus de saveur que celles qu'on trouve dans les champs ou dans les casses. Souvent difficiles d'accès, peu connues, faisant corps avec la nature...Elles sont imprégnées d'une part de mystère: voiture volée, arnaque à l'assurance, accident peut-être... Oui, c'est peut-être un peu cynique de s'amuser à photographier les épaves des accidents dramatiques.

C'est là que je veux en venir. Et je m'adresse à tous les jeunes cons qui se prennent pour des Fangio. Sahorre est un minuscule village des Pyrénées Orientales où l'on comptait une vingtaine de jeunes gens de 18 à 25 ans au début de l'année 2009. Je dis bien "COMPTAIT". Cette année, 3 sont morts dans 3 accidents de voiture distincts....
Alors à ceux qui se croient invincibles au volant, je voudrais juste vous dire: s'il y en a que vous croyez impressionner en doublant en haut des côtes, ou juste devant des tournants sans visibilité, ou en traversant à 100 km/heure ces petits villages à la con où il n'y a presque jamais personne (presque!..)... dites vous bien ça ne sera jamais qu'un ou deux trou-du-cul aussi cons que vous.

Alors si ça vous amuse de risquer votre peau sur la route, faites en sorte d'être les seuls impliqués dans les accidents, et démerdez vous pour que ce qu'il restera de la bagnole ou vous mourrez carbonisé, on ne puisse pas le retirer, histoire de permettre aux chasseurs d'épave de prendre de chouettes photos...

A bon entendeur...

OXYDRO-KORP - Site officiel

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